Si on rassemblait les 5 derniers gagnants du 6/49 dans votre salon pour déguster le thé (c’est arbitraire… vous pouvez déguster ce que vous voulez. Ca pourrait être une root beer intergalactique), il est garanti que vous finiriez par vous dire qu’il y a une chance que ça vous arrive à vous aussi! Car le cerveau est ainsi fait. Il décide d’omettre les millions de personnes qui n’ont pas gagné.
Même chose si vous participiez à une table ronde réunissant les Ryan Gosling, Arnold Shwzarennnenngger et les Tom Hanks de ce monde. Je pense que vous en conserveriez le message « que ca vaut la peine de tout laisser tomber pour aller au bout de son rêve d’acteur », ignorant du coup les millions qui ont abandonné ou n’arrivent pas à vivre de leur art.
J’ai toujours prétendu qu’il en va de même pour les choix au repêchage. Ceux qui connaissent mon opinion savent qu’il rompt avec l’ancien blogue.
Oh! On se tape la bedaine pour un Brendan Gallagher repéché en 5e ronde, et ça fait dire à plusieurs qu’on devrait avoir le plus de tickets dans le chapeau… c’est parce que notre cerveau décide d’ignorer les 29 autres fois (oui, 29 est le nombre exact ici) où le joueur choisi n’a pas atteint la LNH. Notre cerveau n’est pas bon pour calculer la vraie valeur des choix lointains. Il pense au jackpot et surestime du coup la valeur des choix au repêchage. Il ignore les 29 Cole Fonstad (rien contre toi mon Cole… c’est juste que tu as été le choix du CH en 2018. J’aurais pu nommer Jacob Leguerrier, 2019).
Mathias m’a fait une passe sur la palette cette semaine avec son texte « Gagne ou perd, le CH ne sera pas perdant ». https://www.lapresse.ca/sports/hockey/2025-01-29/rondelle-libre/gagne-ou-perd-le-canadien-ne-sera-pas-perdant.php
Il nomme tous les joueurs choisis aux 13e et 19e rangs au cours de 15 années récentes. Encore une fois, c’est arbitraire. Pas besoin de nommer le nom précis du joueur choisi en 13e. Rendu là, ce n’est pas exact. Ça aurait pu être celui en 14e ou celui en 17e tout dépendamment de l’humeur des recruteurs ou des aléas du repêchage.
Alors en gros, Mathias fait l’exercice qui a été fait une centaine de fois ces dernières années par de vrais statisticiens (donc en mieux) i.e. calculer la valeur d’un choix au repêchage. Le pionnier est probablement Stephen Burtch qui a ouvert bien des yeux en 2015. https://www.sportsnet.ca/hockey/nhl/analyzing-value-nhl-draft-picks/
En gros, ces analyses montrent qu’un joueur de fin de première ronde n’a que 25% des chances de jouer plus de 200 parties dans la LNH. C’est 1 chance sur 4.
Et qu’en est-il de la production attendue? (Parce que 200 matchs de Sidney Crosby n’équivalent pas à 200 matchs de Dale Weise). Eh bien je cite la figure ci-dessous. On voit la descente abrupte pour les 15 premiers choix. Tellement qu’à partir du 15e, ça semble quasi inutile: on commence à parler d’un joueur qui fera 0.2 point par match. Un joueur choisi au 30e rang, statistiquement, va enregistrer 0.15 point par match. L’archétype est, très justement, Jesse Ylonen ou Jacob de la Rose.

Voilà pourquoi je n’ai jamais été chaud à l’idée d’échanger des joueurs établis (comme ceux qui parlent de Evans) pour le choix de première ronde d’une équipe qui pourrait gagner la Coupe… Ce choix lointain aurait 1 chance sur 4 de s’établir dans la LNH et ne deviendrait probablement jamais aussi bon qu’un Evans même sur son déclin. Et voilà pourquoi je n’aime pas le tanking où l’on dirait que le but n’est pas de sortir du fond mais juste d’accumuler le plus de choix possible. Ma philosophie est qu’il n’y a que les choix les plus hauts (top 15?) qui comptent vraiment. Le reste se trouve sur le coin d’une rue au besoin.
Mathias conclut « En bref, il ne serait pas impossible que le Canadien frappe deux fois dans le beurre à ces rangs » . En effet. Et il récidive aujourd’hui à la suite des récentes défaites du Canadien qui lui confèrent le 11e rang. Il refait le recensement des joueurs et termine en disant « du bon et du très moins bon ». Pourtant, on ne devrait pas s’en surprendre. Burtch nous l’a dit il y a 10 ans déjà… notre cerveau a toujours de la misère à enregistrer le message.






