Autre sujet! Je philosophe à propos de l’avenir des équipes canadiennes.
**Note: Aujourd’hui, Trump a suspendu les tarifs pour un mois. Mais j’ai écrit ce texte le weekend dernier et il reste d’actualité car le dollar canadien demeure bas**
L’idée m’est venue au lendemain de l’annonce de Trump d’infliger des tarifs de 25% au Canada, combinée à celle de LNH qui prévoit une augmentation du plafond de 95.5 millions $ en 2025-2026, à 104 millions $ en 2026-2027 et à 113.5 millions $ en 2027-2028. C’est qu’en dévaluant le dollar canadien et en ralentissant l’économie canadienne, les tarifs de Trump pourraient entraîner des conséquences sur le paysage sportif canadien.
Une masse salariale de 113 millions $ c’est énorme… surtout pour les équipes canadiennes qui touchent leurs revenus en dollars canadiens (CAD) mais doivent payer les salaires en dollars américains.
Parlons du dollar :
Le CAD est passé de 0.83USD en 2021 à 0.68USD en date d’aujourd’hui. Non seulement le CAD est en chute depuis l’été mais on s’attend à ce que les tarifs récemment annoncés accélèrent cette dégringolade à cause de leur effet sur l’économie canadienne. Les prévisions pessimistes suggèrent que le CAD pourrait aller flirter avec son record de tous les temps à 0.61USD et peut-être même le franchir. Donc non seulement le CAD a perdu 15 cents au cours des années Biden, il pourrait en perdre davantage dans un futur immédiat si les tarifs devaient être installés.
Le taux directeur vient de descendre à 3% au Canada et la Fed a refusé de descendre le sien qui se situe entre 4.25%-4.50% (malgré la demande de Trump). La Fed a plutôt fait allusion à une hausse imminente face à la force de l’économie américaine. Donc, même avant les tarifs, l’écart se creusait davantage entre le Canada et les États-Unis. Nos voisins sont encore plus propices à l’investissement.
Parlons du plafond :
L’annonce des hausses du plafond salarial en a poussé certains à prévoir une LNH à deux vitesses. Les clubs plus pauvres devraient rester au plancher (83 millions $) et ne pourraient pas compétitionner avec les clubs plus riches qui n’hésiteraient pas à dépenser jusqu’au plafond (113 millions $). Avec cette différence de 30 millions $, les clubs riches pourront présenter un meilleur alignement, faisant d’eux des destinations encore plus attrayantes pour les agents libres et les échanges (car on sait que les joueurs préfèrent rejoindre les équipes gagnantes), créant un cercle vicieux qui augmentera encore plus la différence entre les pauvres et les riches.
Oui, 30 millions c’est énorme. Je pense que tout le monde est d’accord que l’astuce visant à mettre un joueur vedette sur la liste des blessés à long-terme pour qu’il ne revienne qu’en séries porte fruits… et on parle que d’un seul salaire à 8-10M$. On parle ici de 3 fois ce montant!
Ceci pourrait créer un scénario où les clubs pauvres devraient échanger certaines de leurs vedettes car ils ne peuvent toutes les payer, ou encore un autre scénario où les vedettes attendent avec impatience de se prévaloir de leur autonomie pour quitter leur « équipe à petit budget » et enfin rejoindre une puissance qui a les moyens de viser les grands honneurs. Ces « équipes à budget » ne pourraient être prétendantes que si les astres finissaient par s’aligner miraculeusement… mais rencontreraient tellement de puissances sur leur parcours, que leurs chances de les battre coups sur coups et de se rendre jusqu’au bout seraient quasi-nulles.
Les conséquences pour les clubs canadiens :
Maintenant, je me questionne quant à la combinaison des deux nouvelles i.e. Des tarifs qui appauvrissent le Canada en plus d’un plafond (en dollar américain) qui augmente.
Est-ce que les proprios ne décideront pas de diminuer leur masse salariale d’un montant équivalent pour compenser le taux de change? Comme on le voit ici, pour maintenir une masse salariale de 90 millions $ USD, un proprio paye déjà 24 millions $ canadiens de plus qu’en 2021 et ca pourrait être 40 millions de plus très bientôt :
Prenons une masse salariale de 90 millions $ à un taux de :
0.83 (comme en 2021) = 108 millions CAD
0.68 (maintenant en 2025) = 132 millions CAD
0.61 (prévision) = 148 millions CAD
Présentement, Toronto, Edmonton et Montréal se situe dans le top 5 de la ligue pour les revenus. Si le CAD devait perdre un autre 10% ou 15%, ces trois équipes feraient relativement bonne figure. Il reste à voir quel serait l’effet sur les finances de leurs proprios. La chute du dollar pourrait les inciter à la prudence, diminuant ainsi leur compétitivité.
Pire! Trois équipes canadiennes se situent déjà dans le dernier tiers pour les revenus. On parle de Calgary, Winnipeg et Ottawa. D’ailleurs, Ottawa pourrait bien être en toute dernière place depuis que les Coyotes ont déménagé en Utah cet été.
Rien non plus pour rassurer les fans de Winnipeg que Bettman a interpelé publiquement l’année dernière pour les remettre à l’ordre. Ceci parce que le nombre de détenteurs de billets de saison avait diminué de 13,000 à 9,500. Pourtant les Jets sont compétitifs. Imaginez, s’il fallait qu’ils soient exclus des séries pendant quelques saisons consécutives.
Le plafond était à 59 millions $ lorsque les Jets sont revenus en 2010-11 … comparé aux 113.5 millions $ annoncés cette semaine, c’est toute une différence! Le fait (i) qu’ils soient parmi les derniers pour les revenus, (ii) que ces revenus s’amenuiseront si l’économie canadienne bat de l’aile, et (iii) que le taux de change pourrait empirer ne présage rien de bon.
Bref, la hausse effrénée du plafond, pourrait causer des problèmes tout spécialement pour les équipes canadiennes.
Petite pensée pour les Flames… ils sont chanceux que la première pelletée de terre de leur nouvel amphithéâtre ait eu lieu l’été dernier. La ville et la province avaient annoncé qu’ils s’occuperont environ de la moitié de la facture, soit 800 millions $. Pas sûr que le contexte aurait été aussi favorable dans les années à venir.
@ Johnny B. Ton histoire sur les rumeurs de chicane dans le vestiaire des Sénateurs arrive à point. Je venais…






