Dans ce texte, j’utilise Mathias comme excuse pour réfléchir à voix haute. Je me (vous) pose bien des questions à la fin.
Dans son dernier article, Mathias y va de son analyse de 5 équipes qui ont emprunté des stratégies différentes au cours le leur reconstruction. Il argumente que le Lightning, les Oilers et l’Avalanche ont été patients pour arriver au sommet. Alors que Toronto et Ottawa auraient échangé leur choix de premier tour à mi-chemin comme raccourci.
https://www.lapresse.ca/sports/hockey/2025-02-10/rondelle-libre/reconstruction-des-exemples-de-patience-et-d-impatience.php
Je ne sais pas quels critères il utilise pour calculer le début des reconstructions de ces équipes mais ça ressemble à un compte de fée pour suggérer que les équipes patientes ont repéché un joueur de concession vers l’an 6. Ca semble étrange aussi de parler des Leafs sans aucune mention de Tavares… en tout cas.
Peu importe que j’aie bien compris ou non, sa conclusion est que le CH pourrait décider d’être patient (il parait qu’on est à l’an 4… eh ben! Ça m’a paru plus long) et continuer à tanker pour encore deux grosses années, soit jusqu’à ce qu’il mette la main sur le prodige McKenna l’an prochain. Et si le boulier n’est pas favorable? Je ne sais pas. Je ne pense pas qu’il en parle.
Je ne sais pas non plus comment les autres équipes de la LNH qui ont effectué des reconstructions au cours des 10 dernières années « fittent » dans ce modèle. Il n’en parle pas.
Oublions le calcul des années. Oublions la mémoire sélective. Oublions ma mauvaise compréhension. Une chose que l’article illustre selon moi, c’est que ça prend beaucoup de hauts choix (disons top 10 et idéalement top 3) pour créer une équipe championne. Graphiques à l’appui, on a discuté dernièrement qu’un choix au rangs 20 ou 30 a peu de chances de s’établir dans la LNH et, si jamais ce choix réussissait à le faire, les chances sont fortes qu’il deviendra un joueur de soutien anyway.
Où en est le Canadien dans sa reconstruction?
Ca dépend de l’objectif. Si l’objectif est de créer une équipe championne pour de nombreuses années à venir, le Canadien pourrait bien ne pas avoir commencé encore. Je ne sais pas, je vais vous retourner la question…
Parce que Sam Walker a déjà poussé l’analyse à fond. Sa question était : Qu’est-ce qui crée des équipes championnes? Le raisonnement étant que si l’on arrivait à identifier le dénominateur commun entre toutes les équipes championnes, on aurait alors les plans d’architecte pour en créer une. Walker a retourné à l’envers les stats à travers tous les sports (rugby, football, soccer, hockey, basketball, … ). Il a testé :
– La présence d’une superstar
– Le talent dans l’équipe
– Le budget
– Le coach
et j’en passe…
Et Walker a identifié le dénominateur commun entre toutes les dynasties… celui qui prédit le mieux la création d’une équipe championne. Je vous le donne en mille : C’est le capitaine. Walker a publié un livre en 2018 qui a fait grand bruit : “The Captain Class: A New Theory of Leadership”. Depuis, sa théorie a fait l’objet de nombreuses études académiques.
Il est peut-être là le lien entre le nombre de choix top 3 et la création d’une équipe championne: c’est la chance de enfin sélectionner un capitaine hors du commun.
Si on revient au texte de Mathias, ça pourrait être le temps que ça a pris pour repêcher et développer un Stamkos, un MacKinnon, un McDavid… Pas besoin de tordre la flèche du temps pour faire coïncider la reconstruction à 6 ans exactement. Et pas besoin d’omettre toutes les équipes qui n’ont pas eu cette chance et qui sont prises avec Shane Doan ou Jack Eichel…
Shea Weber contre PK Subban? La finale de 2021? Peut-être pas un accident mais je m’égare.
Je vous avais dit que je vous retournerais la question pour vous faire réfléchir.
Si on en croit Walker et son best seller The Captain Class… où se situe le CH dans sa reconstruction? Est-ce qu’il a le leadership requis parmi ses rangs pour quitter les bas-fonds? Je vous pose sérieusement la question.
Et s’il ne les a pas… est-ce qu’on se donne la peine d’attendre?
Et quand on repêche top 3… est-ce qu’on a vraiment évaluer le leadership avant de repêcher Kotkaniemi ou Salfkovsky?
Je regarde mon gin-tonic qui arrive à sa fin… je suis un type curieux… je ne peux m’empêcher de me demander ce que ça prendrait pour attirer un Crosby hors de Pittsburgh.
Je suis en train de regarder le Mammoth. Les estrades sont atrocement vides et l’aréna est bien définitivement trop grand…






