Jusqu’à quel point est-ce que Nick Suzuki est bon?
C’est qu’il a longtemps été étiqueté de centre de deuxième ligne… au mieux, centre 1.5
Même en janvier dernier, je faisais un post racontant que, à ma grande surprise, ça faisait 28 ans que le CH n’avait pas eu un joueur de son étoffe lorsqu’il a accompli 50 pts en 50 parties… les deux derniers étant Koivu et Recchi.
Pourtant, je me gardais bien de le sous-estimer… C’est que je me souvenais qu’en 2019, André Tourigny avait lancé un avertissement : selon lui, Nick Suzuki était le meilleur joueur junior au pays. Il racontait comment Suzuki avait amené le Storm de Guelph en finale de la OHL et comment, pour les vaincre, il fallait absolument élaborer un plan pour le contrer…
Malgré ce plan, Guelph a défait les 67s d’Ottawa (la troupe de Tourigny) en grande finale et Suzuki fut le meilleur marqueur des séries avec 42 pts en 24 parties. Son plus proche poursuivant? Un dénommé Sasha Chmelevski qui n’avait que 31 points. Toute une différence. Cette année-là, Suzuki a remporté les trophées Wayne Gretzky (MVP des séries) et Hanley (gentilhomme).
Son entraineur racontait que la contribution de Suzuki ne se résumait pas qu’à sa production offensive. Il écoulait les désavantages numériques et n’hésitait pas à se sacrifier pour bloquer des lancers. Il soulignait que Suzuki avait cette habileté à calmer ses coéquipiers. Dans le vestiaire, Suzuki parlait peu, préférant écouter, mais il avait l’attention de tous lorsqu’il prenait la parole.
Suzuki est présentement le 9e marqueur de la LNH chez les centres avec 69 points en 65 matchs. C’est remarquable!
Mais la plus grande partie de mes réticences ne venaient pas de sa production offensive. Je me posais plutôt les questions : Quelle sorte de leadership exerce Suzuki? Est-il de la trempe d’un « capitaine »?
On a eu la réponse cette semaine si ce qu’on raconte est vrai! Vous l’avez sûrement entendu vous aussi? Suzuki serait lui-même intervenu auprès de la direction pour qu’ils ne fassent pas une vente de feu, ce qui aurait coïncidé avec leur série victorieuse. Au cours de ce segment de 9 parties, Suzuki a enregistré 5 buts et 12 passes pour un total de 17 points. Ce qui a fait dire aux journalistes que Suzuki a pris le taureau par les cornes.
Je trouve ça épatant. C’est toute une démonstration de leadership.
Suzuki n’a que 25 ans. On peut penser qu’il va encore s’améliorer au cours des deux prochaines années (un joueur atteint son apogée à 27-28 ans normalement). Mais son leadership, ca, il aura l’occasion de l’augmenter bien au-delà.
Pourquoi je mets l’accent sur le leadership de Suzuki? Parce que je vous racontais que les équipes championnes ont un dénominateur commun : le capitaine! Et alors que l’on voit poindre la fin de la reconstruction, je me demandais si Suzuki avait la personnalité.
Mais je ne vous avais pas partagé les 7 traits de caractère de ce fameux capitaine élite, selon “The Captain Class: A New Theory of Leadership”. Les voici :
1. Est acharné et compétitif
2. Démontre une agressivité qui teste la limite des règlements
3. Possède la volonté d’effectuer le travail ingrat
4. Emploie un style de communication discret
5. Motive les autres avec ses actions
6. Fait preuve de conviction et de courage lorsque vient le temps de faire les choses de manière différente
7. Reste toujours en contrôle de ses émotions
Pour moi, Suzuki vient de cocher des cases supplémentaires dans la liste. Je n’étais pas convaincu mais je crois maintenant que le CH possède son leader. Suzuki semble être de la trempe d’un vrai capitaine et pas juste un porteur de « C » sur son chandail.
Selon vous, Suzuki coche les cases ci-dessus?






