Je suis un grand fan de Martin St-Louis. Et je ne vais pas parler de ses décorations et accolades… Je veux parler d’un autre aspect. Son leadership.
Lorsqu’il jouait pour le Lightning, j’avais lu des articles dans lesquels Vincent Lecavalier racontait que s’il portait le « C » sur son chandail, c’était en réalité St-Louis qui était le leader de l’équipe. Lecavalier se disait trop timide et préférait rester dans l’ombre. Il racontait aussi comment il allait consulter St-Louis pour avoir son opinion avant de s’adresser à l’équipe.
Vers la fin de sa carrière, St-Louis fut échangé aux Rangers. Il y avait une émission de télé-réalité où l’on suivait les Rangers à l’interne, ce qui m’avait permis d’observer St-Louis et, surtout, de le voir exercer son leadership. Je me souviens d’avoir été estomaqué. J’ai toujours en tête cet épisode où St-Louis chante l’alignement avant un match des playoffs… Je vous le recommande. Comment ne pas suivre ce général à la bataille!
J’étais donc agréablement surpris quand il fut nommé coach du Canadien. Curieux aussi. Mais relativement confiant à cause de ce que je connaissais de lui et de son leadership. Au moment de sa nomination, Tortorella a dit qu’il avait l’étoffe d’un coach et qu’il allait assurément avoir du succès dans la LNH. J’avais déjà entendu Tortorella vanter cette qualité de St-Louis… quoiqu’il avait utilisé un autre langage…
Tortorella l’avait qualifié d’emmerdeur. Emmerdeur parce que St-Louis lui posait trop de questions à propos du coaching ou de ses décisions après les matchs. Semble-t-il que Tortorella était tanné! ahahaha Même au cours d’un match, il parait que St-Louis se retournait pour lui faire des suggestions sur le banc, ce qui agaçait Tortorella à l’époque (des années plus tard, il a reconnu qu’il avait appris de St-Louis ce faisant).
Questionné plus récemment, Tortorella a dit : “St-Louis a une très grande intelligence hockey. En fait, il pense à tellement de trucs en même temps au cours d’un match qu’il me rend fou. J’ai eu plusieurs conversations de hockey avec lui à Tampa et je savais qu’il serait excellent comme coach.”
Aujourd’hui Keith Yandle a dit que St-Louis devrait être considéré pour le Jack Adams. Je trouve que c’est une bonne idée. Bien sûr, il n’a aucune chance de l’emporter cette année. C’est le jeune prodige Spencer Carbery qui est déjà donné gagnant. Mais je pense que St-Louis a de bonnes chances de remporter cet honneur un jour. Peut-être lorsque l’équipe fera une nette ascension au classement? Espérons l’an prochain.
Il a un talent pour l’enseignement, ça on le savait. On le voit avec la façon qu’il interagit avec les jeunes et comment il les aide à trouver leur personnalité et leur rôle. Comment il a aidé Caufield à traverser sa première léthargie. Mais on voit aussi comment il interagit avec les vétérans. Comment il réussit à changer leurs assignations en fonction de leurs forces et faiblesses. Ca, déjà, faut savoir les identifier! Pas si simple… c’est un coup de génie d’avoir fait de Josh Anderson un joueur défensif. Mais surtout, le plus difficile est d’amener ces vétérans à accepter leurs nouveaux rôles. Plusieurs coachs échouent cette étape. Il a assurément un talent pour la communication et son leadership doit sûrement l’aider dans cette facette.
J’avais déjà écrit un billet sur un autre blogue (anglophone) dans lequel je disais que le plus grand leader du Canadien était malheureusement son coach. Ça, c’était avant la démonstration de Suzuki il y a quelques semaines. Mais je persiste à croire que c’est une bonne chose que St-Louis soit un leader exceptionnel. Il a sûrement veillé à la transition de Weber/Price à Suzuki.
Le Jack Adams? Ce n’est que partie remise.







