Aujourd’hui, la chronique de Mathias nous rappelle qu’il faut être prudent avant de faire des projections sur un aussi petit échantillon que 4 ou 5 parties.
Mais j’ai quand même envie de vous parler des Rangers (mon ancienne équipe préférée: j’ai autrefois habité à Manhattan lorsque l’équipe était menée par le « capitaine des capitaines », Mark Messier), que j’ai placé hors des séries cette année alors je ne suis pas entièrement surpris de leur début de saison.
Pour ceux qui ne le savaient pas, les Rangers furent fondés en 1926 et fêtent donc cette année leur centenaire. Des célébrations sont planifiées pendant toute la saison, un peu comme le Canadien l’avait fait. Et les Rangers ont concocté un « chandail du centenaire » qui ressemble drôlement à un pyjama. Ouais, un pyjama des Rangers:

Photos: NHL.com
Le problème c’est que, contrairement au Canadien qui avait fait le plein de vedettes pour s’assurer de transporter ces célébrations sur la glace, les Rangers traversent une période morose.
Gorton aurait dû être à la barre pour le centenaire
On se souviendra qu’en 2017-18, Jeff Gorton et Glen Sather étaient à la Direction de l’équipe. Ils avaient signé cette année-là une lettre publique informant les fans (surtout les détenteurs de billets de saison) que l’équipe allait amorcer une reconstruction: il fallait s’attendre à voir des vétérans partir et connaitre des saisons difficiles.
Ce geste, d’une grande transparence, avait été très bien perçu. On disait que les Rangers venaient d’établir un standard en ce qui a trait à la communication avec les fans.
Grâce à l’attrait du Big Apple, la reconstruction eut plutôt des airs de reset : les Rangers furent exclus des séries seulement pendant 4 ans. En 2022, ils étaient non seulement de retour en séries mais ils se rendirent jusqu’en finale de conférence, ce qu’ils ont répété en 2024.
Au cours de ces 4 années de reset, ils ont bénéficié de 7 choix de première ronde, dont le 2e overall en 2019 (Kakko) et le tout 1er choix en 2020 (Lafrenière). Malheureusement pour eux, leur repêchage n’a pas été super fructueux. Outre Kakko et Lafrenière, le nom le plus notoire est probablement K’Andre Miller… mais ils s’en sont départis cet été.
Le reset fut l’œuvre d’échanges (comme l’acquisition d’Adam Fox en 2019) et la signature d’agents libres de premier plan comme celle d’Artemi Panarin.
Coupe de théâtre! Gorton et Davidson (ce dernier en remplacement de Sather) furent limogés après avoir critiqué la ligue et tout particulièrement George Parros qu’ils avaient qualifié d’inapte à occuper son poste de Directeur du département de la sécurité. C’était après cet incident où Tom Wilson avait projeté Artemi Panarin (sans casque) au sol et qu’il l’avait empoigné par les cheveux pour lui frapper la tête contre la glace. Wilson n’avait reçu qu’une simple amende.
Les Rangers ont probablement été incités à renvoyer Davidson et Gorton, et ils ont promu Chris Drury au poste de Directeur Général.
Tant mieux pour le CH qui en a profité pour recruter Gorton.
Tant pis pour les Rangers car je pense que Drury doit prendre la plus grande part du blâmé pour le naufrage de l’équipe.
Drury et la déconstruction
Sous sa gouverne, les Rangers ont eu 4 coachs en 6 ans : Quinn, Gallant, Laviolette et maintenant Sullivan. Une véritable porte tournante qui contribue au « déficit de culture » que plusieurs identifient comme l’un des problèmes de l’équipe.
Drury s’est aussi mis tous les vétérans à dos lorsqu’il a contourné la clause de non-échange de Goodrow en le mettant au ballotage. Goodrow fut réclamé par les Sharks, une équipe qui était sur sa liste de protection. Goodrow était furieux du dénouement et de la manière dont il avait été traité.
Drury en a rajouté en menaçant Trouba de subir le même sort s’il ne levait pas sa clause de non-échange.
Zibanejad, probablement l’âme de l’équipe, a déclaré: « Les joueurs voient de quelle façon les vétérans de l’équipe sont traités et trouvent ça inquiétant. Il y a de la frustration. »
En novembre dernier, après un départ catastrophique, Drury a envoyé un mémo aux 31 autres Directeurs Généraux leur disant qu’il était prêt à faire des échanges et, plus spécifiquement, que Trouba et Kreider étaient disponibles… Sauf que le fameux mémo fut coulé dans les médias! Cet incident a détruit ce qui restait de confiance entre Drury et les joueurs. Certains ont invoqué le mot « mutinerie » pour qualifier le reste de la saison.
Le jeu de Kreider en particulier fut grandement affecté: il a égalé sa pire saison en carrière avec 30 pts, lui qui venait de connaitre une saison de 75 pts l’année précédente. Cette année, avec les Ducks, il a déjà 5 pts en 4 matchs.
S’ajoute à la liste de gestes controversés, la nomination du nouveau venu JT Miller comme capitaine cet été, malgré sa mauvaise réputation. Miller a une historique de conflits avec ses co-équipiers dont Horvat et Pettersson. Questionné à ce sujet, Drury a répondu un truc qui ressemblait à : « J’ai eu une conversation avec Miller. Il m’a affirmé qu’il a changé cet été. »
Au final, en plus de ses maladresses, Drury n’a pas réussi à améliorer l’alignement dont il avait hérité.
Pour ne souligner qu’un seul exemple: j’ai de la misère à croire qu’il n’a pas pu obtenir davantage que Will Borgen (un ancien choix de 4e ronde), un R3 et un R6 pour Kakko.
À la barre, Drury s’avére un piètre navigateur.
Souffrez-vous comme moi de trouble obsessif-compulsif?
Si oui, vous allez détester la job de peinture qui a été faite au centre de la glace du Madison Square Garden.
La ligne rouge passe par-dessus le logo des Rangers (et le gros « 100 ») mais elle ne passe pas par-dessus la mention « Madison Sq _ uare Garden ». Ils ont espacé les lettres pour éviter la ligne rouge. Je n’en dors plus la nuit.








