Mathias a utilisé les Canucks comme un exemple de reconstruction ratée il y a deux semaines… mais il n’y a pas vraiment de similitude entre le CH et les Canucks (outre que les deux misent sur un diminutif défenseur superstar en Hutson et Hughes).
Pour le reste, leur reconstruction est complètement différente. Celle du CH me semble supérieure… à des années lumières.
Mais sur le fond, Mathias a raison. C’est à la fois surprenant et navrant ce qui arrive à Vancouver… et ce n’est pas terminé. Le roman-savon continue d’offrir des rebondissements!
Ce qui est arrivé à Vancouver : C’est comme si le Canadien avait terminé premier de sa Division cette année. Puis, l’an prochain Suzuki et Demidov se déclaraient la guerre, ce qui mènerait à l’échange de Suzuki contre un retour modeste et que Demidov connaissait une année de misère. Puis Caufield annonçait qu’il a choisi de tester le marché des joueurs autonomes. Et Lane Hutson partageait son rêve d’aller jouer avec ses frères. Pire, Martin St-Louis (qui aurait gagné le Jack Adams) décidait de partir lui aussi… C’est un cauchemar ce qui arrive à Vancouver.
Les Canucks avaient fini au premier rang de la division Pacifique l’an dernier. Certains les considéraient même comme « l’équipe du Canada » au moment d’entreprendre les séries.
Les Canucks étaient peut-être enfin arrivés à destination après une pénible décennie à reconstruire. Ils n’avaient fait les séries que 2 fois au cours des 10 années précédentes.
La différence avec le CH, c’est qu’au cours de ces 10 années de misère, ils ont repêché 6 fois dans le top 10 et qu’ils ont bousillé 4 de ces choix. Jake Virtanen et Olli Juolevi ne jouent pas dans la LNH. Podkolzin semblait destiné à jouer dans la AHL et les Canucks l’ont échangé aux Oilers contre un choix de 4e ronde (aussi bien dire « rien »). Et ils ont fait de drôles de décisions comme lorsqu’ils ont échangé Bo Horvat (repêché 9e) contre Beauvillier… puis échanger Beauvillier contre un choix de 5e ronde quelques mois plus tard!?
Cette année, ils ont vraiment frappé le mur de plein fouet!
Il y a eu la mésentente hautement médiatisée entre les 2 vedettes, Pettersson et Miller, qui a mené au départ de Miller. Sous le couvert de l’anonymat, certains joueurs de l’équipe auraient exprimé leur déception aux journalistes quant à la qualité du retour obtenu (Chytil et un choix de première ronde).
Pire… Pettersson a enchainé avec une saison extrêmement décevante. Tellement que certains commentateurs ont soulevé la question à savoir si les Canucks avaient choisi de garder le bon joueur entre les deux.
Leur deuxième meilleur marqueur, Boeser, a déclaré qu’il allait tester l’autonomie. Et le DG, Patrik Allvin, a malgré tout décidé de ne pas l’échanger à la date limite des transactions, ce qui est aussi questionnable.
Puis, vous le savez tous, Rick Tocchet, gagnant du trophée Jack Adams en 2024, a tout récemment quitté pour aller coacher à Philadelphie.
Le problème c’est que Quinn Hughes avait déclaré publiquement cet hiver qu’il était impératif de signer Tocchet… que c’était probablement la chose qui le retenait le plus à Vancouver.
Le Président, Jim Rutherford, qui accumule les gaffes au micro (tellement que les gens postulent sur de possibles diagnostiques médicaux à son sujet) a déclaré en conférence de presse suite au départ de Tocchet:
« J’espère que Quinn Hughes est en voyage de pêche. Parce qu’il ne retourne pas mes appels [depuis que Tocchet est parti]. »
Quel Président va avouer un truc semblable en conférence de presse? Jim, je pense que ton joueur étoile ne peut plus te sentir.
Et ce n’est pas tout! C’est comme si Fabienne Larouche écrivait le scénario de la saison des Canucks. Il y a cet autre épisode rebondissant dans lequel Quinn Hughes a déclaré qu’il veut jouer avec ses frères, tous deux au New Jersey. Rutherford, qui devrait être interdit de s’approcher d’un micro, s’est attiré des accusations de maraudage en disant :
« On ne peut se permettre de perdre Quinn. On va plutôt convaincre ses frères de venir ici ».
Talonné par les journalistes apeurés à l’idée de perdre Hughes, il en a rajouté la semaine dernière :
« On contrôle Quinn pour encore une année et deux tiers. Passé cette date, s’il ne veut pas rester ici, on devra l’échanger ».
Vous pouvez imaginer que cette déclaration est anxiogène!
Une rumeur naissante indique que le proprio de l’équipe serait complètement dégoutté du drame constant entourant l’équipe et voudrait vendre.
Ah! Et si Tocchet est parti, c’est un peu justement la faute du proprio. Depuis le tout début que Tocchet martèle que les Canucks n’ont pas de complexe d’entrainement et demande au proprio de lui fournir un environnement adéquat pour être compétitif.
Tocchet avait dit: « Je n’en veux pas aux joueurs de rester à la maison tout l’été et de se présenter à la dernière minute avant la saison. Ils ont accès à plus de ressources et de meilleures installations dans leurs patelins qu’ici. »
Si j’ai bien compris, pour s’entrainer, l’équipe doit utiliser les installations de l’université. La première chose que Tocchet a dit en arrivant à Philly : « Oh my god! On a des bons proprios… et un complexe d’entrainement à la fine pointe avec 3 glaces. C’est ce que j’ai toujours voulu et ça va faire de moi un meilleur coach ».
Aujourd’hui, mon fil de nouvelles en provenance de Vancouver fait juste parler du manque d’un foutu complexe d’entrainement. Les journalistes se demandent à quel point l’équipe en a souffert sans qu’on le sache (au niveau des performances et aussi au niveau de la rétention/recrutement des joueurs).
Cauchemardesque les Canucks… 10 ans de reconstruction et le risque est bien réel qu’on doive recommencer à zéro.
C’est certain que l’émotion qui entoure tous les joueurs sus-nommés est une caractéristique un peu particulière à gérer. Je crois…










