Est-ce que vous connaissiez cette histoire invraisemblable?
À la fin des années ’80, Phil Esposito profitait de sa retraite à Tampa, en Floride. On sait qu’Esposito avait la fibre entrepreneuriale assez développée et il avait la forte conviction que la région pourrait accueillir une franchise de la LNH.
Pour le démontrer, il organisa lui-même un match préparatoire entre les Kings et les Penguins dans un stade de St-Petersburg (c’était l’époque de Gretzky et Lemieux!). Selon ses propres dires, il y versa toutes ses économies personnelles. L’évènement fut un succès. Plus de 25,000 personnes assistèrent au match (mais Lemieux fit faux bond).
Fort de sa preuve de concept, Esposito se mit à la tâche de réunir un groupe d’investisseurs pour payer le prix d’une franchise qui s’élevait à 50 millions de $ en 1990. Son plan : Trouver des investisseurs fortunés qui couvriraient les frais « à sa place » et qui le laisseraient s’occuper de la franchise de hockey.
Un autre groupe concurrent (comprenant Jim Rutherford et Peter Kamanos, lui qui sera plus tard propriétaire des Hurricanes) déposa simultanément un projet d’expansion pour amener la LNH à Tampa.
La franchise fut finalement attribuée au groupe d’Esposito. Leur plan se distinguait car ils proposaient de faire bâtir un nouvel aréna à la fine pointe de la technologie, tout spécialement conçu pour le hockey, dont ils deviendraient les locataires.
Toutefois, après s’être vus accorder la franchise, les investisseurs initiaux (la famille Pritzker détenant les hôtels Hyatt) se sont retirés du projet. Esposito, en catastrophe, essayait de trouver d’autres investisseurs et ses tentatives demeuraient infructueuses.
Esposito se tourna même vers le Duke de Manchester, qui s’était engagé à lever 25 millions de $… avant d’être accusé de fraude.
Le projet semblait voué à l’échec, un truc inconcevable … jusqu’à ce qu’Esposito soit présenté à Kokusai Green, une compagnie japonaise qui détenait/opérait des terrains de golf et des complexes hôteliers. À leur demande, Esposito se rendit au Japon pour rencontrer les patrons… dans un night club. Esposito raconte une scène irréelle où ils en sont venus à une entente lors d’une soirée arrosée avec de nombreuses filles dansant à leur table.
« Plus on buvait, plus le tout semblait faire du sens. Je disais ‘Hockey’ et eux comprenait ‘Sake’ ».
À ce qu’il parait, Esposito était tellement désespéré d’ajouter de la crédibilité à son groupe qu’il avait inclut le nom de George Steinbrenner, le richissime et puissant propriétaire des Yankees de NY, sans son aval. Steinbrenner nétait pas intéressé et il a même dû entreprendre des démarches juridiques pour faire enlever son nom des documents soumis à la LNH.
À la fin, la ligue s’est retrouvée avec une franchise accordée à une compagnie étrangère dont on savait peu de choses… Au moins, les chèques avaient été encaissés! Il parait que c’était la principale préoccupation de la LNH lors du règne de John Ziegler. Le Lightning joua sa première partie en 1992 et le projet d’amphithéâtre avait été annulé.
Après quelques années d’opération, l’équipe avait accumulé une dette immense, en majeure partie envers Kokusai Green elle-même. La compagnie japonaise opérait le Lightning en se faisant des prêts. La dette s’élevait à plus de 200% de la valeur de l’équipe (selon Forbes). Les créanciers et les poursuites en justice s’accumulaient contre le Lightning.
Ces poursuites ont finalement déclenché des recherches sérieuses sur Kokusai Green. Il s’avère que personne ne connaissait cette compagnie au Japon. Il était vite devenu évident qu’il était impossible qu’elle gère des terrains de golf à la hauteur de plusieurs centaines de millions de $. La LNH se trouvait dans l’embarras.
Impossible de savoir qui se cachait derrière Kokusai Green (la personne qui aurait signé le deal avec Esposito au night club n’était pas le principal actionnaire comme tout le monde le pensait mais un interprète)… et tous les soupçons se tournaient vers les Yakuzas, la mafia japonaise. La LNH se trouvait face à la réelle possibilité que le Lightning aurait servi à blanchir de l’argent pour les Yakuzas pendant des années. Quelle humiliation.
En 1998, avant que l’équipe ne soit vendue, Bettman (nommé commissaire en 1993) se rendit au Japon pour assister aux Jeux Olympiques de Nagano. Il tenta de rencontrer les gens de Kokusai Green mais leur rendez-vous fut annulé à la dernière minute par les Japonais. Leur identité restera un mystère et la LNH souhaitera oublier cet épisode.
Intéressant ce Kung Pao. L’élément crucial, c’est le Shaoxing (un petit vin salé fait avec du riz gélatineux). C’est une…






