Les Oilers et la réinsertion sociale

Les Oilers et la réinsertion sociale

Il semble qu’à moins que la LNH n’impose un veto, Mike Babcock sera le prochain entraineur des Oilers.

Friedman (Sportsnet) a dit que la décision d’embaucher Babcock vient du propriétaire lui-même, Daryl Katz, après que les Knights aient refusé l’accès à Cassidy qui était son premier choix.

Les Oilers, c’est son joujou et Katz prend part aux décisions de temps à autres. Il demeure très impliqué dans la direction que prend son équipe.

On n’est pas vraiment habitué à ça à Montréal. Contrairement à Katz, Molson donne plutôt carte blanche à son DG et son Président.

Il y a des histoires selon lesquelles Katz se lie d’amitié avec certains de ses joueurs et qu’ils font des activités en famille, etc. Cela explique certains mauvais contrats qui furent accordés par le passé. Il y a d’autres histoires où Katz aurait imposé son choix au repêchage, contraire à l’avis de ses dépisteurs. Ça serait le cas pour la sélection de Nail Yakupov en 2012, par exemple, avec le tout premier choix overall.

Comme l’a dit Stéphane dans les commentaires précédents, McDavid est assurément tenu informé des grosses décisions de l’équipe.
Mais il a dit plusieurs fois qu’il ne veut pas être impliqué dans les opérations. Tant que la Direction prend les meilleures décisions pour l’équipe, il leur fait confiance avec le processus. Si on lui dit que Babcock est le meilleur disponible et que l’équipe a fait une recherche honnête, il va être satisfait et continuer son voyage de pèche.

Mais ce coup-ci, ça va un peu plus loin: il semble qu’un petit comité de leaders ait été sondés quant au profil du prochain coach. On ne sait pas exactement qui/combien mais McDavid (et Hyman, je vais y revenir) faisait assurément partie du comité. Les joueurs en question ont dit qu’ils voulaient un coach qui allait les pousser et les rendre « responsables »… pour faire changement.

Knoblauch a la réputation d’être très gentil. Si tu gaffes, Knoblauch n’est pas le coach qui va te faire sauter ton tour sur les 3 prochains powerplays en guise de punition… ou te bencher un match en entier… des trucs que Babcock n’hésitera pas à faire. Le pire que Knoblauch aurait fait, c’est remanier ses trios pour te soustraire à l’opposition.

Les joueurs des Oilers ont décidé d’essayer un coach plus sévère, raisonnant que cela pourrait peut-être les obliger à sortir le meilleur d’eux-même. Mais Babcock, c’est l’autre extrême: un coach qui fait de la torture mentale. Il me semble qu’il y a un juste milieu.

On a appris que c’est Hyman qui a suggéré le nom de Babcock en premier lieu. Il le connait bien car il a joué 5 ans sous ses ordres avec les Leafs. Je suis surpris que Hyman ait proposé son nom compte tenu des histoires sur Babcock en provenance de Toronto. Il faut croire qu’il n’a pas subi les foudres de Babcock personnellement et n’a pas été tellement traumatisé par le traitement subi par ses coéquipiers non plus.

Oh! J’oubliais le détail le plus croquant … Hyman est aussi le propriétaire des Bulldogs de Brantford dans la OHL. Et il vient d’annoncer l’embauche du fils de Mike Babcock (Mike Babcock Jr.) comme coach en fin de semaine dernière. Ouais. Faut le faire hein?



Quant à McDavid, il va débuter cette année la première année de son contrat de 2 ans… ou une autre façon de voir ça: dès l’été prochain, il sera éligible à un renouvellement.

C’est pour ça que les Oilers se retrouvent à la case départ. Les questions sur les intentions de McDavid vont resurgir inévitablement cette année car, dès l’été prochain, les Oilers devront le re-signer pour éviter de le perdre pour rien à la fin de la saison suivante. S’il fallait que les Oilers connaissent une mauvaise année (avec ou sans Babcock), il y aura beaucoup de drama entourant l’équipe. Je leur souhaite du succès sinon ça sera insupportable.

Nonobstant ses méthodes douteuses, je ne suis pas convaincu que Babcock soit un si bon coach de toute manière. Même s’il avait corrigé son caractère (et qu’il n’était magiquement plus le pire des trouduc), je ne suis pas sûr qu’il soit l’homme de la situation. Sous sa gouverne, les Leafs se sont écrasés à chaque année en première ronde.



Après Kane, Kassian, Bowman … j’en oublie … et aujourd’hui Babcock, les Oilers sont en train de devenir l’organisation de la « deuxième chance » ou de la « réinsertion sociale ». C’est très malhabile de leur part.

Le plus ironique c’est que LA fois où ils ont décidé de passer leur tour (le dossier Carter Hart) ils auraient probablement fait un très bon coup et comblé leur besoin le plus urgent. Hart est originaire d’Edmonton en plus.

Une réponse à « Les Oilers et la réinsertion sociale »

  1. Avatar de Johnny B

    Pour ceux qui ne connaissent pas les histoires sur Babcock, voici les plus notables dont je me souviens:

    – Avant une pratique des Leafs, Babcock a donné une feuille à Marner et lui a demandé de donner une note à chacun de ses coéquipiers avec quelques commentaires pour justifier les scores. Marner trouvait ça bizarre mais il s’est dit que probablement que tous les joueurs avaient été invités à faire pareil et qu’il y aurait une activité reliée à cela plus tard. Mais non… Babcock a tout simplement pris la feuille de Marner et l’a lue à haute voix devant l’équipe: « Voici ce que Marner pense de vous… ». Un exercice vraiment humiliant. Il parait que Kadri a pris la défense de Marner dans le vestiaire et est allé engueuler Babcock dans son bureau après l’incident.

    – Mike Modano allait prendre sa retraite à la fin de la saison 2010-11 et du même coup atteindre pile-poil la marque des 1500 matchs en carrière. Il était à 1498 et il restait 2 matchs à la saison. Sauf que Babcock l’a healthy-scratch à l’avant-dernier match de la saison le privant ainsi d’un 1500e match. Sa carrière s’est arrêté à 1499. De plus, ce match était contre le Wild au Minnesota, là où Modano a joué les 5 premières années de sa carrière (avec les North Stars avant qu’ils déménagent à Dallas). Il a donc été privé d’un aurevoir dans la ville qui l’avait repêché. Une date que Modano avait probablement encerclée dans son calendrier. Les Red Wings étaient couronnés champions depuis belle lurette et ce match n’avait aucune signification au classement. « Tu n’es pas ici pour jouer 1500 matchs. Tu es ici pour nous aider à gagner la Coupe Stanley » qu’il lui aurait dit.

    – Babcock est connu pour s’en prendre verbalement à ses joueurs. Il parait que c’est horrible ce qu’il peut dire devant tout le monde dans le vestiaire… alors on peut se demander ce qu’il se permet en tête-à-tête. Il parait que Johan Franzen était l’un de ses souffre-douleurs à Détroit. À un tel point que Franzen était traumatisé et souffrait de dépression. Il tremblait les jours de matchs et ne voulait plus aller à l’aréna. Lors d’un match à Nashville, après que Babcock lui ait crié des insanités, Franzen s’est effondré dans le vestiaire en pleine crise nerveuse. Il parait que la crise s’est poursuivie toute la nuit à l’hôtel. Les joueurs disent que c’est la pire chose qu’ils ont vue et que ces images les hantent encore aujourd’hui.

    – Un autre souffre-douleur était Mike Commodore qui avait subi les foudres de Babcock à Anaheim. Commodore raconte que Babcock lui faisait de l’intimidation, lui disait qu’il ne le voulait pas dans son équipe et l’avait rétrogradé dans les mineurs avec les Ducks de Cincinnati pour nuire à sa carrière. Des années plus tard, quand Commodore était joueur autonome, les Red Wings lui ont fait une offre, à sa grande surprise car Babcock était l’entraineur. Commodore raconte qu’il a appelé Babcock pour lui demander « c’est quoi l’affaire? Tu vas m’envoyer dans les mineurs et encore une fois essayer de briser ma carrière? » Babcock lui aurait répondu « Non, non… je t’assure, j’ai besoin d’un défenseur droitier sur la première paire avec Lidstrom et j’ai pensé à toi ». Vous avez deviné… Babcock l’a gardé sur la passerelle la quasi-totalité de l’année. Pour Commodore, Babcock peut aller aussi loin lorsqu’il entretient une haine envers quelqu’un.

    – En 2009, les Red Wings allaient disputer un match en plein air au Wrigley Field à Chicago contre les BlackHawks. Babcock a annoncé à Chris Chelios qu’il allait le retirer de l’alignement. Chelios était en furie, surtout qu’il est originaire de Chicago. Finalement, c’est Holland et Nill (les DG et Président de l’équipe) qui s’en sont mêlés et ont obligé Babcock à réintégrer Chelios dans l’alignement. Babcock a alors changé ses habitudes ce soir-là pour habiller 7 défenseurs et a laissé Chelios sur le banc. En deuxième période, réalisant qu’il n’aurait pas de temps de glace, Chelios raconte qu’il a enlevé ses patins et bu de la bière sur le banc tout le reste du match.

    – Reste l’épisode des téléphones dont on ne connait pas tous les détails parce que Babcock a préféré démissionner que de se plier à une enquête demandée par l’Association des Joueurs. À Columbus, Babcock aurait demandé aux joueurs leurs téléphones déverrouillés et aurait parcouru leurs photos personnelles « pour apprendre à mieux les connaitre ».

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