Dans l’Iliade d’Homère, Achille mène l’armée des Myrmidons à la guerre contre les Troyens et terrasse en duel le héros ennemi, Hector, devant les portes de la ville de Troyes. Mais son histoire ne se termine pas en triomphe. Il décède d’une flèche qui l’atteint au talon… une flèche que l’on dit guidée par la main du dieu Apollon.
Comme celui d’Achille, le parcours du CH ne s’est pas terminé en triomphe ultime… mais une fois la poussière retombée, je suis sûr qu’on le reconnaitra comme un parcours épique. Un parcours qui a vu le CH éliminer deux équipes top 5 au classement général de la ligue (Tampa #5 et Buffalo #3). Finalement, affronter l’équipe #2 représentait un trop grand défi à ce moment… après avoir de peine et de misère survécu aux deux premières rondes.
C’est déjà un exploit d’avoir traversé le Lightning et les Sabres. C’est l’équivalent de deux finales de Conférence. Ou peut-être même deux finales de la Coupe Stanley. En effet, ça ne serait pas une anomalie de voir les équipes #6 (les Canadiens) et #4 au classement général de la ligue s’affronter en finale.
Triompher contre le Lightning et les Sabres a fait croire à plusieurs (incluant les analystes de TVA Sports) que le CH s’en allait en finale pour le Grand Saladier (en tout cas, on dirait bien… à voir leur colère irrationnelle dans les avants-matchs contre la Caroline, puis leur déception quand Achille s’est effondré).
Avec un peu de réalisme, on pouvait pourtant se rendre compte que le CH n’est pas encore tout à fait équipé pour affronter la Caroline. Ni les Golden Knights de Végas qui attendent patiemment en astiquant leurs armes et leurs boucliers.
Le sort s’est joué quand Hughes a refusé de transiger pour acquérir un deuxième centre à la date limite des transactions. Là, le CH s’en allait à la guerre avec un seul trio. S’il avait pu compter sur un deuxième trio aussi menaçant que le premier, le CH aurait expédié ses rondes initiales plus rapidement, le trio de Suzuki n’aurait pas été systématiquement menotté par les meilleurs défenseurs adverses et le CH aurait accumulé plus que 12 tirs par match contre la Caroline.
Une dose de réalisme nous permet plutôt d’apprécier le parcours aujourd’hui.
Ça permet de mettre l’emphase sur le positif : l’apprentissage.
Les jeunes joueurs du noyau (et le coach!) réalisent aujourd’hui ce qui est attendu d’eux pour se rendre plus loin. C’est bon qu’ils voient le niveau de jeu qu’ils devront atteindre. C’est nouveau pour Demidov, Hutson, Slaf, Dobes, … et même si Caufield et Suzuki l’on expérimenté en 2021, c’est la première fois qu’ils le vivent aux commandes.
Je retiens les paroles de Demidov il y a quelques jours en entrevue :
« Oui, les Hurricanes appliquent un système similaire au Lightning. Mais ils font tout encore plus rapidement (il semblait surpris). Ce qui veut dire que nous, on doit être encore meilleurs et faire tout encore plus vite. »
Ça rejoint les paroles de Hutson hier:
« Aussi proche que nous étions… nous étions en même temps tellement loin. Il faudra en faire encore plus pour se rendre à notre but ultime.
On en tire beaucoup de leçons, beaucoup de fierté et nous serons de retour [en finale] très bientôt. »
L’apprentissage est aussi celui de la Direction.
Si jamais HuGo avaient des doutes sur la fameuse fenêtre, ils savent maintenant qu’elle est ouverte.
Ils n’ont plus à se poser de questions à savoir si le CH possède un bon gardien.
Ils n’ont plus à se questionner sur le plafond de Newhook, Dach, Kapanen, Bolduc et Veleno qui sont joueurs autonomes avec restriction soit cette année ou l’an prochain. La direction sait maintenant qui figure dans ses plans… ou non.
Je suis sûr qu’elle en a appris aussi sur sa défensive trop molle. Surtout que les deux futurs gradués, Engstrom et Reinbacher, ne jouent pas de manière très robuste eux non plus.
Enfin on a vu Martin St-Louis statuer sur l’utilisation de Xhekaj et Struble. J’aurais inclus Gallagher, mais contrairement aux deux autres, il est immuable avec sa clause de non-mouvement.
Équipés de toutes ces réponses, c’est maintenant à HuGo de renforcir l’armée des Myrmidons.
J’oubliais une autre leçon que l’équipe a sûrement apprise: terminer un adversaire le plus tôt possible… si on peut éviter…





